Cette loi va t'elle
protéger les personnes en état de faiblesse ?
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psychoyhérapeute.
Introduction:
Une loi
a été voté en aout 2OO4 par le parlement français
ayant pour objet de réglementer le
titre de psychothérapeute.
Cette
loi n'est pas applicable (au moment de la mise à jour du site) en
l'absence de décrets d'application.
"Article
52
L'usage
du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels
inscrits au registre national des
psychothérapeutes.
L'inscription
est enregistrée sur une liste dressée par le représentant
de l'Etat dans le département de leur résidence professionnelle.
Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et
publiée régulièrement. Cette liste mentionne les formations
suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence
professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription
est obligatoire. La même obligation s'impose aux personnes qui, après
deux ans d'interruption, veulent à nouveau faire usage du titre
de psychothérapeute.
L'inscription
sur la liste visée à l'alinéa précédent
est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine,
les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue
dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772
du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les
psychanalystes régulièrement enregistrés dans les
annuaires de leurs associations.
Un
décret en Conseil d'Etat précise les modalités
d'application du présent article et les conditions de formation
théoriques et pratiques en psychopathologie clinique que doivent
remplir les personnes visées aux deuxième et troisième
alinéas."
Cette loi
déterminera quels sont les psychothérapeutes que vous aurez
la possibilité de consulter ou pas...
Des chiffres
sur la profession:
"Plusieurs
professionnels pratiquent la psychothérapie à titres divers.
Les psychologues sont 40 000, dont 70 % sont psychologues cliniciens, les
psychiatres, 8 000, les psychanalystes, 6 000, et les psychothérapeutes,
praticiens non médicaux venus d'horizons divers, 5 000" (Les
professionnels de la psyché redoutent l'émergence d'"une
psychothérapie d'Etat" LE MONDE 18.02.06)
 |
Points
du texte de loi: |
« L’article 52
de la LOI n° 2OO4-806 du 9 août 2OO4 relative à la politique
de santé publique vise à réglementer l’usage du titre
de psychothérapeute »
Cela
veut-il dire que n’importe quel individu pourra continuer à faire
de la psychothérapie sans utiliser ce titre ?
(cette
loi qui vise à protéger les personnes faibles ne les protégerait
donc pas)
...Oui,
n'importe qui pourra continuer à faire de la psychothérapie
"...nous
nous sommes opposés depuis 1998 à la législation du
titre de psychothérapeute, craignant la création d’une nouvelle
profession dans le champ de la santé mentale" (Françoise
Coret, Dr Christian Vasseur - Association francaise de psychiatrie)
« (usage
du titre) … de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur
en médecine, les personnes autorisées à faire usage
du titre de psychologue »
Cela
veut-il dire que la pratique de la psychothérapie ne nécessite
aucune formation spécifique en psychothérapie ?
(Le cursus
de docteur en médecine ou de psychologue ne comporte pas de façon
obligatoire une formation en psychothérapie. La preuve en est que
de nombreux professionnels médecins et psychologues se forment ensuite
auprès d’associations de formation en psychanalyse, TCC, PNL, Thérapies
systémiques, Intégratives, Gestalt, etc..)
"J’affirme
qu’il est impossible à un consultant de savoir si le psychiatre
qui le reçoit est un vrai psychothérapeute ou psychanalyste
ou bien un charlatan, exerçant la psychothérapie sans formation
complémentaire spécifique et sans supervision." (Dr Michel
Meignant, président de la FFdP au 4° Forum des Psys samedi 10
janvier 2OO3)
"Depuis
plus de quarante ans, la psychothérapie fait formellement partie
de la spécialisation des psychiatres en Suisse, alors que ce n'est
pas le cas en France"
(Formation des psychiatres et psychothérapie... - Psychiatrie sciences
humaines neurosciences 2OO5, vol. 3, no14)
"FORMATION
UNIVERSITAIRE ET COMPÉTENCE PSYCHOTHÉRAPIQUE. C'est en tout
cas le point de vue surréaliste et parfaitement scandaleux exprimé
par la Fédération Française de Psychiatrie et le Collège
National des Universitaires en Psychiatrie (...) dans un rapport intitulé
"Exercice de la psychothérapie par les psychiatres"(...) Le médecin
psychiatre serait donc par essence compétent en matière de
psychothérapie du fait qu'il est sensibilisé au cours de
ses études à la sémiologie psychiatrique, la psychopathologie
et l'analyse de sa pratique lors des stages dès le premier cycle
de ses études. C'est à se demander si nous ne devrions pas
réviser nos stratégies syndicales et si, au lieu de présenter
des projets d'amélioration du cursus universitaire en psychologie
clinique et pathologique en évoquant l'intégration de pré-requis
en psychothérapie , nous ne devrions pas plutôt adopter une
telle position de type mégalomaniaque en prétendant que la
formation universitaire du psychologue lui confère de fait des compétences
psychothérapiques!" ("Psychologues et Psychologies", 2OO2, n°
165, Philippe GROSBOIS, Responsable de la Commission Nationale Spécialisée
"Psychothérapies" du Syndicat National des Psychologues)
« (le cursus
obligatoire) de formation théoriques et pratiques en psychopathologie
clinique »
Cela
confirme t’il que la psychothérapie ne nécessite aucune formation
en psychothérapie (uniquement en psychopathologie)
?
Ce qui
expliquerait pourquoi les médecins et psychologues pourraient utiliser
le titre de psychothérapeute de plein droit confirmant par la même
que l’on peut donc être psychothérapeute sans formation à
la psychothérapie.
(A ce demander
alors pourquoi il existe des associations comme l'Aftcc ou l'afforthecc,
l'ecole de gestalt, etc)
"Laisser
croire qu’une formation théorique et pratique en psychopathologie
clinique permettrait d’accéder au titre de psychothérapeute
relève de l’escroquerie intellectuelle et de la tromperie calculée"
(Commission
Psychologues de la Fédération Sud Santé-Sociaux Février
2OO5)
 |
Questions
: |
La profession a t’elle une même définition de ce qu’est la
"psychopathologie clinique" ?
Non
! La psychopatho. d’inspiration analytique se construit principalement
sur les bases de névrose, psychose, perversion et état limite.
Tandis
que la psy, disons plus « anglo-saxonne » (et TCC ) se
construit plus autour du symptome et des outils diagnostics DSM de l’association
américaine de psychiatrie ou CIM de l’Organisation Mondiale de la
Santé
Ces deux
modèles sont-ils construits dans une vision commune et compatible
?
La réponse
la plus simple serait « et bien pas vraiment »
Peut-on alors définir une psychopathologie clinique sans pour autant
définir les orientations ?
Et
bien cela devient extrêmement délicat et la future loi risque
donc d’orienter les pratiques.
Pour celui
qui verra sa pratique reconnue, nul doute qu’il trouvera le choix formidable,
sage et serein tandis que pour l’autre, nul doute qu’il pensera que cette
décision est contraire à l'intérêt du patient
et aux libertés individuelles…
Va t’on
ainsi pacifier le monde psy français ou au contraire le radicaliser
? la question se pose.
Il n'est
donc pas impossible de voir arriver des exceptions aux exceptions pour
au final aboutir à une loi qui n'aura plus le moindre sens.
Pour revenir au titre de psychothérapeute, la notion d’exercice
illégal de la psychothérapie va t’elle voir le jour ?
Si
la réponse est non (et la réponse est: Non !), cela
confirmerait que tous les psychothérapeutes actuels (ou futurs)
n’auraient qu’à ne plus utiliser ce titre et continuer leur activité.
Les titres
ne manquent pas comme "coach", "conseiller", "psychopathothérapeute",
"psychopraticien", "praticien en psychothérapie", etc.
Cette loi
deviendrait bien caduque.
Imaginons
un "psychothérapeute" qui ferait de « l’équilibrage
entre les énergies »… Un patient X qui consulte aujourd’hui
cette personne consulte un « psychothérapeute » qui
fait une psychothérapie à base d’équilibrage des énergies.
Et demain ? Elle consultera un individu « équilibreur d’énergie
» qui utilisera exactement la même méthode « psychothérapeutique
»
Pourra
t'on encore parler de loi qui protège le patient en état
de faiblesse alors qu'il continuera à pouvoir consulter les mêmes
personnes qu'auparavant ?
Si la psychothérapie c’est ce que fait un psychothérapeute
alors comment pourrait-il y avoir exercice illégal de la psychothérapie
par un non-psychothérapeute ?
La
encore, cela devient caduc car un « non-psychotherapeute »
ne pourra que faire alors que de la « non-psychothérapie »
et donc ne saurait être dans l’exercice illégal de la psychothérapie.
Et la encore,
le patient ne pourra être protégé par cette loi car
un non-psychothérapeute aura toute liberté de faire de la
psychothérapie.
Est-il possible d’instaurer la notion d’exercice illégal de la psychothérapie
sans définir ce qu’est la psychothérapie ?
Bien
sur que non, il est alors indispensable de définir la psychothérapie
Pour que cette loi ne soit pas caduque il est donc indispensable qu’elle
définisse ce qu’est la psychothérapie mais le fait-elle ?
Dans
le texte actuel ? Non pas à ce jour, peut-être que les décrets
d'application répondront à la question mais au moment où
ces lignes sont mises à jour, ils ne prennent pas ce chemin.
S'ils ne
sont pas précis alors on risque de tomber dans l'arbitraire.
Comment définir la frontière entre la psychothérapie
et ce qui n’en est pas ?
Bonne
question, un coach fait-il de la psychothérapie, un curé
fait-il de la psychothérapie de groupe (lors de la messe)
et individuelle en parlant avec les personnes, un ami qui discute et rassure
un proche en abordant ses problèmes fait-il de la psychothérapie,
un psychanalyste fait-il de la psychothérapie...
Tous les
groupes de paroles et autres conseillés en tous genres font-ils
de la psychothérapie ? Bonne question
Peut-on appeler psychothérapie une méthode qui serait non
efficace (et non dangereuse) ?
Il
serait tout de même délicat de poursuivre une personne pour
exercice illégal de la psychothérapie si son action viserait
au final … à ne rien faire
Mais alors cela veut-il dire que faire de la psychothérapie c’est
utiliser des méthodes qui ont une efficacité prouvée
?
Dans
ce cas cela voudrait dire que l’on pourrait poursuivre une personne qui
utiliserait une méthode non efficace ?
Mais qui
va juger de l’efficacité ou pas d’une méthode. Regardez ce
qu’il s’est passé en France avec le rapport
INSERM sur l'évaluation des pscyhothérapies et vous
verrez que le discours en France consiste à dire « Ma méthode
fonctionne mais celui qui n’utilise pas ma méthode est un escroc
»
... Et dans
le même temps on ne pourrait pas poursuivre un médecin ou
un psychologue qui utiliserait la même méthode psychothérapeutique
? Bel exemple d'équité !
Mais un médecin ou un psychologue a le droit d’utiliser ce titre
sans avoir eu une formation en psychothérapie, comment peut-on être
certain qu’il fait de la psychothérapie dans sa pratique ?
Et
bien à priori on ne peut pas !
Mais alors
pourquoi lui donner le titre de psychothérapeute même s’il
ne fait pas de psychothérapie ?
Peut-on
être / rester un psychothérapeute sans pratiquer ?
Un médecin ou un psychologue qui utiliserait des méthodes
psychothérapeutiques dont l'inefficacité ou la dangerosité
sur certaines pathologies aurait été démontré,
pourrait-il de fait utiliser le titre de psychothérapeute ?
Et
bien la réponse semble (est) "oui, absolument !"
Des centaines
d'études ont démontré que la pierre angulaire de nombreux
troubles psychopathologiques reposaient sur une psychothérapie et
non sur la prise de médicaments (j'ai écrit "nombreux").
Nous ne
comptons plus le nombre d'études en aveugle qui démontrent
l'efficacité ou l'inefficacité de certaines méthodes
psychothérapeutiques en fonction des pathologies.
Et cette
loi pourrait accorder de droit, le titre de psychothérapeute à
des psychopathologistes (la selection se faisant à ce niveau) qui
pratiqueraient de fait et le plus officiellement du monde des méthodes
inefficaces ou dangeureuses !
L’objet de cette loi est de protéger le patient en le rassurant
et en lui garantissant que le professionnel « psychothérapeute
» possède les bases nécessaires, tout du moins à
sa propre compétence, au moins à sa "non-dangerosité".
Mais un professionnel
peut-il être non dangereux sans formation à la psychothérapie?
La
loi dit « OUI », du fait qu’elle instaure psychothérapeute;
des
médecins, psychologues (ou psychanalystes) quand bien même
ils n’ont pas ce type de formation. Encore une fois la loi risque de se
concentrer sur un cursus en psychopathologie et non sur un apprentissage
de la psychothérapie.
L’objet de cette loi est de protéger le patient en le rassurant
et en lui "garantissant" que le professionnel « psychothérapeute
» n’est pas le gourou d’une secte ou un manipulateur pervers. Cette
loi apporte t’elle des réponses sur le sujet ?
Cela
voudrait-il dire que les médecins et psychologues seraient moins
« dingues » et moins manipulateurs que le reste de la population
?
Cela reste
à démontrer, nous attendons les études.
Faudrait-il
que tous les psys aient un parcours psy personnel pour éviter les
psys pervers ? (sous entendu que le parcours psy aurait "guéri"
ou mis en sommeil la fameuse perversion)
Les psychologues
ou médecins ont-ils obligation de thérapie personnelle ?
Non, donc la réponse de la loi n'est pas sur le sujet.
Doit-on
obligatoirement qualifier des personnes avec troubles psychopathologiques
pour en faire des psys ? Pas évident
Toute la
profession reconnaît-elle la nécessité d’une thérapie
personnelle ? Non
Les
autres professions à « risque », magistrats, pilotes
d’avions, policiers, ont-elles obligation de faire une thérapie
personnelle ? Non
En donnant le titre de psychothérapeute de plein droit à
tout médecin ou psychologue, la loi pose en préambule qu'il
existerait moins de dérives sectaires et moins d'abus de la part
de ces professionnels. Mais disposons-nous de chiffres?
Peu,
mais quelques uns. L'objet ici n'est pas de pointer du doigt telle ou telle
profession mais de montrer que les croyances énoncées dans
la question n'ont pas ou peu de fondement.
"Dans un
rapport du 27 septembre 1996, le conseil de l'ordre des médecins,
en lien avec les Renseignements généraux, estimait qu'il
existait 3 000 médecins sectaires en France (soit 1 % de la profession).
"Des professionnels de la santé, les libéraux, se tournent
vers le sectarisme au bout de dix ou de quinze ans de pratique. Au moment
où ils sont à la recherche d'un nouveau souffle", explique
Marilyne Deuxdeniers, conseillère santé à la Miviludes"
(Article
de Marie-Joëlle GROS paru dans libération le samedi 8 février
2OO3)
"Une méta
étude sur 575 psychothérapeutes (ndlr psychiatres,
psychologues, travailleurs sociaux) indiquent que 87%
(95% des
hommes, 76% de femmes) ont été sexuellement attirés
par leurs clients, au moins occasionnellement, et que, bien que seulement
une minorité (9.4% des hommes et 2.5% des femmes) soient passésà
l'acte" (Sexual Attraction to Clients: The Human Therapist and the
(Sometimes) Inhuman Training System Kenneth S. Pope American Psychologist,vol.
41, #2, pages 147-158.)
"Sur un
échantillon de 1000 psychologues 9,4% des hommes et 2,5% des femmes
ont reportés avoir eu des rapports sexuels avec des patients" (Pope,
Keith-Spiegel & Tabachnick 1986)
"Dans une
méta étude dans tout le pays auprès de psychiatres
américains, 7.1% des hommes et 3.1% des femmes ayant répondu
ont reconnu avoir eu un contact sexuel avec leurs propres patients" (Psychiatrist-patient
sexual contact: results of a national survey. Gartrell N, Herman J, Olarte
S, Feldstein M, Localio R. Am J Psychiatry. 1986 Sep)
"Les plaintes
déposées effectivement contre des psychothérapeutes
qualifiés sont très exceptionnelles, contrairement à
ce qu'ont pu insinuer, pendant quelque temps, certains députés
(qui
ont d'ailleurs opportunément abandonné cet argument fallacieux).
Ainsi, pour donner un chiffre précis, la principale compagnie d'assurances
qui couvre la responsabilité civile de plusieurs milliers de psychothérapeutes
membres de la FF2P, a reçu... une seule plainte pendant l'année
2OO4, et zéro l'année précédente !" (Du
livre de Serge Ginger, président de la FF2P, "Psychothérapie
100 réponses pour en finir avec les idées reçues",
2OO6)
"Thérapies,
87 % de patients satisfaits... les thérapies durant entre un et
cinq ans soient les plus profitables : 95% de satisfaits..." (Sondage
exclusif CSA pour psychologies, Enquête réalisée auprès
de 462 personnes déclarant suivre ou avoir suivi une psychothérapie
parmi 6 028 Français interrogés 2OO6)
"Une enquête
nationale, effectuée à l’occasion des États généraux
de la Psychothérapie (2OO1), avec la participation de l’Institut
BVA, auprès d’un échantillon représentatif de 8 000
Français adultes, a révélé que 5,2 % de la
population avait suivi ou suivait encore une psychothérapie ou une
psychanalyse — soit environ 3 millions de personnes... Soulignons au passage
que 84 % des usagers se sont déclarés "satisfaits" ou "très
satisfaits" de leur thérapie" (FFDP, Psychologies, 2OO1).
A titre de conclusion provisoire
et pour résumer:
A ce jour (avant
application de la loi) :
1. Une
personne qui consulte un psychothérapeute ou un psychanalyste non-médecin
et non psychologue ne sait pas s’il a une formation en psychopathologie
clinique (ni laquelle, d’origine analytique ou DSM)
2. Une personne
qui consulte un médecin ou un psychologue ne sait pas s’il a une
formation dans une méthode psychothérapeutique ou pas (à
moins que celui ci ne le précise)
3. Une personne
qui consulte un psy (hormis un psychanalyste) ne sait pas s’il a
fait une thérapie personnelle, un « travail sur lui-même
» et encore moins si cela lui a permis de résoudre d'éventuels
problèmes et conflits internes.
4. Une personne
qui consulte un psy quel qu’il soit, ne sait pas si ce psy reconnaît
et utilise les outils diagnostics internationaux que sont le DSM ou la
CIM (voir charte
droit diagnostic) ni sa vision par rapport à la nécessité
ou pas d'un diagnostic. De très nombreux médecins psychiatres
français sont des opposants farouches à l'idée même
de diagnostic.
5. Une personne
qui consulte un psy quel qu’il soit ne sait pas si cette personne est un
narcissique à tendances perverses qu’il fut pervers avant, pendant
ou qu’il le soit devenu après ses études.
6. Une personne
qui consulte un psy quel qu’il soit ne sait pas s’il a un superviseur ni
surtout ce qu’il raconte à son superviseur (il n’est pas certain
qu’un psy qui coucherait avec ses patients et qui saurait qu’il a franchi
une frontière aurait pour désir d'en parler à son
superviseur).
7. Une personne
qui consulte un psy quel qu’il soit ne sait pas s’il utilise une méthode
psychothérapeutique évaluée et validée (cf
le rapport
INSERM)
8. Une personne
qui consulte un psy quel qu’il soit ne sait pas s’il utilise une méthode
psychothérapeutique adaptée ou non à sa pathologie
(il
est évident que l’on ne traite pas de la même façon
toutes les personnes et qu'un psy ne peut être compétent en
tout)
9. Une personne
qui consulte un psy quel qu’il soit ne sait pas s’il utilise une méthode
psychothérapeutique qui pourrait se révéler dangereuse
en fonction de sa pathologie (et d'autant plus qu'il n'aurait pas reçu
le moindre diagnostic)
Le patient se
doit donc d’avoir liberté de poser des questions, surtout s’il a
le sentiment que l’on sort du cadre, d’accorder une confiance à
son psy mais tout en gardant une capacité à la critique.
Quels sont les recours
actuels d’un patient ?
La loi.
Il est interdit en France d’abuser de la faiblesse d’un individu.
L'accès aux recours
est-il aisé ?
Non !
Quelle
que soit la profession du psy (psychothérapeute, psychologue,
psychiatre, etc.), il sera (hors comportements gravissimes)
difficile d’apporter la preuve de la réalité de la faute.
Il serait
par exemple « complexe » de condamner un psy parce que son
patient s’est suicidé (hormis s’il l’a volontairement poussé
à cela). Comment savoir si le psy aurait précipité
l’acte auquel cas il serait en faute ou si au contraire il aurait fait
un travail remarquable en retardant ce qui ne pouvait être évité
en fonction des circonstances.
Tout ceci
n’a pas pour objet de déresponsabiliser qui que ce soit mais de
dire que les réponses sont complexes.
Et demain ? (après
application de la loi)
Le point
1) sera modifié, on saura que son psychothérapeute a une
formation psychopathologie clinique "agrée par l'état"
(vraisemblablement universitaire). Sera-t-elle franco-française,
sera-t-elle basée sur les échelles internationales ? Nul
le le sait. Disons qu'il est plus que probable qu'elle demeurera franco-française
et "exception psychiatrique" de notre beau pays.
Quant aux
points 2) à 9) ils demeureront inchangés, n'apportant aucune
certitude au patient.
Et pour
le point 1) comme un « non-psychothérapeute » aux yeux
de la nouvelle loi a la possibilité de continuer à exercer
d’une façon ou d’une autre (il faudrait interdire aussi les voyants
par exemple), alors cette loi n’aura strictement rien apporté
de positif.
Pire encore, cette
loi pourrait donner le sentiment à un patient qu’il est plus en
« sécurité » qu’il ne l’était du fait
de la nouvelle loi alors que ce sera de toute évidence un leurre.
(Je ne
dis pas qu'un psychothérapeute ne doit pas avoir un minimum de formation
en psychopathologie clinique, cela me semble indispensable mais nous pourrions
discuter de la façon d'y parvenir. Il n'existe pas qu'une seule
voie, celle de l'université.
Le débat
ne porte pas sur ce point, le législateur veut protéger les
patients et il semble logique de penser que cette loi ne répond
pas à l'objectif initial si elle demeure en l'état)
Protège t’on une
personne en lui faisant croire qu’un risque n’existe plus alors qu’il est
toujours bel et bien présent ?
(...Risque
non chiffré, il n’existe pas d’études qui comparent le nombre
de fautes professionnelles chez les psychothérapeutes, les psychanalystes,
les psychologues ou les médecins, hormis par exemple les dossiers
d’assurance responsabilité professionnelle. Rien à priori
ne permet d'affirmer de façon objective qu'une profession pourrait
faire plus de dégats qu'une autre)
A vous de trouver la réponse...
Alain Tortosa,
Psychothérapeute,
président de l'association AAPELTM
www.aapel.org
Vous pouvez consulter le dossier
consacré à cette loi sur le site de l'association
AAPEL
usage du titre des psychotherapeutes
- Les psychothérapies et la loi - projet de loi psychotherapie -
titre psychotherapeute france -
copyright Alain Tortosa - mise à jour 2007 - tous droits réservés
reproduction interdite sans autorisations
        
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